TANGER


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Carrefour des civilisations, au croisement de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique, « Tanger la blanche » demeure la porte d’entrée du continent africain. Située à 14 Kilomètres des côtes espagnoles, elle a été longtemps convoitée pour sa position stratégique. Depuis sa fondation ai IV siècle avant J-C, Carthaginois, Romains, Phéniciens, Berbères, Vandales, Espagnols, Portugais, Français et anglais se la sont âprement disputés.
D’après la mythologie grecque, Tanger aurait été fondée par le géant ANTEE, fils de POSEIDON et de GAIA et devrait son nom à TINGO (ou TINGA), femme du fondateur. ANTEE trouvée sa force au contact de la terre, HERCULE l’étouffa en la maintenant en l’air. Le tombeau d’ANTEE serait une colline proche de Tanger, le Charf.
Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petite nécropoles, la ville fut réellement fondée au IV siècle avant J-C par les Carthaginois qui en firent un comptoir (Tingi). Elle devint tour à tour berbère, arabe, portugaise, anglaise avant que les rivalités européennes pour le contrôle de la ville ne démarrent à la fin de XIX siècle. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne multiplient les missions diplomatiques et commerciales pour placer leurs pions mettant la ville au centre des rivalités internationales. En 1906, la conférence d’Algésira redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant l’indépendance du Sultan et affirmant l’égalité des signataires dans le domaine économique. En 1923 les négociations aboutirent à en faire une zone internationale. En 1925, le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique, la Hollande, les Etats-Unis, le Portugal, l’Union Soviétique et la France auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard.
La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote d’une administration internationale, en particulier, en particulier d’une assemblée législative, composée de trente fonctionnaires internationaux désignés par leurs consuls respectifs et de neuf Marocains. L’époque du « Statut International » est celle du plus grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à la contrebande, à l’espionnage et à la contrefaçon.
En juin 1940, après la défaite française, les troupes nationalistes espagnoles occupent Tanger et permettent, en Mars 1941, l’installation du consulat allemand à la Mendoubia (résidence du Mendoub) où flotte le drapeau nazi. En mars 1944, l’Espagne fait partir le consulat allemand de la mendoubia avant de retirer, le 09 Octobre 1945, ses troupes de Tanger qui retrouvera son statut international. Entre 1939 et 1950, Tanger a vu sa population tripler et atteindre plus de 150 000 habitants.
Le 10 Avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay HASSAN, prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l’indépendance du Maroc, la conférence de Fedala (du 08 au 29 Octobre) rend Tanger au Maroc. Une charte royale maintient la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960, année où le gouvernement marocain abolit les avantages fiscaux et Tanger se retrouve avec un statut identique à celui des autres villes du royaume. Afin d’éviter une fuite importante des capitaux, le port de Tanger est doté d’une zone franche.
Durant tout ce XX siècle, son côté international a séduit bien des artistes qui en ont fait leur lieu de résidence, tels EUGEN DELACROIX, HENRI MATISSE, LEAN GENET, JOSEPH KESSEL, SAMUEL BECKETT…
• Tanger s’articule autour de deux quartiers : la médina et la ville nouvelle, construite par les Français au début du XX siècle. A l’entrée de la médina se trouve le Grand Socco, cher à JOSEPH KESSEL qui lui a consacré un livre. Le tumulte incessant des marchands se mêle aux parfums d’épices… En déambulant dans les ruelles de la médina, on arrive sur la place du Petit Socco. Plus loin, la vue imprenable est sur le détroit de Gibraltar où de multiples excursions s’offrent aux visiteurs, dont les fameuses grottes d’HERCULE.
A partir de la Kasbah, on peut visiter le palais du sultan et ses jardins. Le site abrite désormais le musée des Arts marocains et le musée des Antiquités. Au nord-est de la Kasbah se trouve le café Hafa, lieu mythique qui a vu passer des célébrités du monde.
Quand aux baigneurs, ils seront comblés ! Dans une même, il est possible de se baigner dans la Méditerranée et dans l’Atlantique.