ESSAOUIRA

Essaouira « la bien dessinée »


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Essaouira, avec ses épais remparts fortifiés, ses maisons blanchies à la chaux, ses portes et ses fenêtres d’un bleu éclatant ne ressemblent à aucune autre ville du royaume. Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001, l’ancienne Mogador est un havre de paix et de sérénité.

Son édification, dans le seul but d’y pratiquer le commerce maritime, remonte à la fin du XVIII siècle. Son tracé, orthogonal, elle le doit à l’architecte français, THEODOR CORNUT, élève de Vauban. C’est d’ailleurs de là qu’elle tire son nom. En effet, en arabe, Essaouira signifie « La bien dessinée ».

Le sultan de l’époque, SIDI MOHAMMED BEN ABDELLAH, l’a ensuite peuplée de consuls européens, de négociants étrangers, des plus grosses fortunes du royaume et de très nombreux juifs dans le but de faire prospérer la nouvelle ville. Essaouira (ancienne Mogador) devient très vite le port de Tombouctou, on y échange des produits manufacturés en Europe contre de l’or, du sel, du sucre et … des plumes d’Autriche.
Mais son histoire remonte à l’époque des Phéniciens. Ces derniers faisaient escale dans l’île de Mogador lorsqu’ils descendaient vers l’équateur. JUBA II, roi de Mauritanie, y installa plus tard une fabrique de pourpre, alors, très recherchée par les Romains. Le site fut ensuite tour à tour occupé par les portugais et les sultans Saadiens.

Pendant des années, ce fut le seul port marocain ouvert au commerce extérieur. Le déclin commença avec le protectorat français et le développement d’autres ports comme ceux de Casablanca, de Tanger et d’Agadir. Handicapée par ses eaux peu profondes et ne pouvant pas recevoir les gros bateaux modernes, la ville connaît cependant une renaissance spectaculaire depuis une quinzaine d’année, renaissance due essentiellement au tourisme mais aussi à sa vocation culturelle. Tous les ans, depuis 1996, elle abrite fin Juin le Festival Gnaoua et Musique du Monde. La philosophie de ce festival est d’inviter les meilleurs artistes internationaux du moment pour les confronter à la musique des maîtres gnaoua. La magie s’opère et donne naissance à d’intenses moments d’improvisation musicale.

L’HUILE d’Argan
L’arganier est la deuxième essence forestière au Maroc avec 20 millions d’épineux, soit 700 000 hectares. Il pousse exclusivement dans le royaume, du nord de Safi jusqu’à la frange saharienne. Rempart à l’avancée du désert, cet arbre séculaire est aussi une ressource précieuse pour les populations locales : son bois fournit un excellent charbon, ses feuilles et fruits sont souvent la seule nourriture pour les chèvres qui n’hésitent pas à escalader ses branches. Mais de l’arganier est surtout extraite une huile aux mille et une vertus, utilisée aussi bien en cuisine, en médecine, traditionnelle, qu’en cosmétique. Il faut cent kilos de fruits et près de dix heures de travail pour extraire un litre d’huile d’argan.

LE THUYA
Le Maroc possède 80% des forêts de thuya d’Afrique du Nord. Déjà utilisé par les romains, le bois de thuya est principalement travaillé par les artisans d’Essaouira, devenus spécialistes de cette essence. Le bois est d’ailleurs souvent marqueté. Il est mélangé au cèdre, au citronnier et à l’arganier ; mais aussi à des bois importés, tel que l’acajou ou l’ébène ; ainsi qu’a la corne, à l’ivoire te à la nacre. Ces matières premières venues de tous les horizons et autrefois ramenées par les caravanes d’Afrique noire illustrent le carrefour culturel au centre duquel se trouve Essaouira. Les dessins géométriques sont d’ailleurs d’inspiration musulmane, l’utilisation des rinceaux occidentaux et les motifs souiri.

Tracés au départ au crayon puis gravés aux ciseaux, les motifs sont généralement très fins ce qui demande aux artisans dextérité et finesse. L’ensemble du motif, peint en rouge et vert, est ensuite cerclé de nacre et de fils d’aluminium. Les bois précieux ou semi-précieux sont découpés en fines lamelles d’un centimètre à quelques millimètres. Ces toutes petites pièces sont ensuite disposées à l’aide d’un marteau et d’une loupe à leur emplacement désigné. L’ensemble est ensuite ciré à la cire naturelle, poli au papier de verre puis verni.

LES ÎLES PURPURAIRES
Situées à sept kilomètres au large d’Essaouira, les îles tirent leur nom du purpura, petit coquillage qui dans l’antiquité servait à la composition du pourpre. Présent en quantité importante, il décida, JUBA II, roi de Mauritanie, à y installer une fabrique de pourpre au 1er siècle av J-C. La légende veut d’ailleurs que son fils, PTOLEMEE, soit assassiné par CALIGULA pour s’être rendu chez lui vêtu d’une toge pourpre, couleur alors réservée aux empereurs romains.
L’île était déjà au milieu du VII siècle et début du VI siècle av J-C un lieu de passage important comme en témoignent les objets antiques retrouvés sur l’île : céramique peintes à la brosse originaires de Sicile, vases phéniciens, récipients de Chypre, de Rhodes et de Grèce.
Mais à part la fabrique de pourpre, aucune construction permanente n’est recensée, ce qui laisse à penser que les îles étaient uniquement un lieu de passage et de troc.
Sur l’île de Mogador, la plus grande de toutes, il ne reste que des ruines de la grande prison édifiée par le sultan MOULAY HASSAN à la fin du XIX siècle. Plus personne n’y habite depuis la fin du XVIII siècle, époque où, selon toute vraisemblance, l’île était accessible à pied, à marée basse.
Aujourd’hui, les îles ont été transformées en réserve ornithologique. Des spécimens de faucons d’Eléonore y nichent du mois d’avril au mois d’Octobre.